All-Ireland 2018

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lundi 23 septembre 2013

Grand bleu sur Croke Park




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2ème SAM pour Cluxton, 1ère en tant que capitaine
















Dublin réussi donc un carton plein, un doublé Allianz League-Championship, le premier depuis 1976.

Une victoire d'un petit point ,extirpée au forceps, dans le dur, voir dans le très dur pendant toute la première mi-temps, en dedans et nettement en deçà de leurs précédentes sorties.
Dublin aura tremblé jusqu'à l'extrême limite de cette finale et de cette saison, jusqu'à ces deux frees de Cillian O'Connor ramenant Mayo à une longueur, mais McQuillan n'accordera pas de rabe aux quatre minutes déjà jouées. Une nouvelle fois, une septième fois en vingt quatre ans, Mayo s'est montré incapable de franchir le dernier palier, de donner le dernier coup de rein nécessaire et laisse Dublin et son peuple bleu célébrer un vingt-quatrième titre, le second en trois ans pour une génération déjà mise sur les rails par Pat Gilroy et complétée, améliorée, perfectionnée par Gavin.

La défaite d'hier devrait trouver une place de choix dans la liste des malheurs pour les rouges et verts, tant ils peuvent battre leur coulpe pour ne pas avoir su profiter à plein d'une première période à leur avantage -notamment le premier quart-  et faire fructifier une possession en leur faveur ainsi qu'un ratio de "frees" largement positif.
Tout avait pourtant si bien débuté, les hommes de James Horan rentraient bien dans ce match, concentrés et concernés à l'extrême face à des Dubs nerveux comme jamais cette saison, fébriles, friables en défenses comme souvent, et maladroits, incapables de poser leur jeu face à un Mayo couvrant chaque centimètre carré de pelouse, des full backs ne laissant aucun espace, 1 petit point en 15 minutes jusqu'au but de Brogan rappelant celui de Mannion contre Kerry, un ballon botté haut et boxé dans les filets par Brogan au prix d'une grosse extension à la lutte avec Cafferkey et Hennelly. Dublin était dans le coup d'un point de vue comptable, mais un drôle de sentiment flottait et Mayo dominateur remettait un coup de manivelle avec trois points consécutifs couronnant une domination territoriale nette, mais ratant aussi quantité de tirs dans des positions pourtant favorables et par la même occasion, la possibilité de mettre Dublin à distance et la tête dans le sable.
Les mouvements offensifs dubliners étaient rarement bien inspirés, de mauvais choix, des ballons envoyés sur des joueurs serrés de près par leurs body guard privés, des passes mal orientées, Mannion blessé au ischios au bout d'un quart d'heure, et Hennelly en état de grâce n'augurait rien de bon.
Et pourtant, à l'issue d'une première période décevante sur le plan du jeu et laissant un sentiment étrange, Dublin regagnait le vestiaire avec un déficit d'une petite unité seulement, un moindre mal! Rien n'avait fonctionné comme prévu pour eux mais dans le même temps, Mayo avait semblé ne pas vouloir les punir, les blues étaient encore en vie.

James Horan a t-il déjà à ce moment là le sentiment que ces gars passent à côté de quelque chose?, que l'ogre va finir par sortir de sa caverne? quoi qu'il en soit, Dublin revient transfiguré sur la pelouse de Croke Park, ses joueurs comme libérés, les passes se font enfin précises, on ne court plus dans le vide, les ballons arrivent, et Cian O'Sullivan ouvre le bal suivi par quatre autres points dans les dix premières minutes contre une seule réponse de Mayo via un free de Cillian O'Connor, leur premier point en 22 minutes... (1-09/0-09 à la 48ème).
Captain Moran sonne alors le réveil à la finition d'un but sur un beau mouvement collectif, les fans des westerners voyaient le bout du tunnel, le but qui pouvait mettre leurs joueurs sur orbite, au lieu de ça...pas grand chose, Mayo retombe dans un forme de léthargie, et l'espoir est de courte durée, Dublin score encore à la 54ème, une action typique du jeu offensif des dubs, un ballon tapé par Flynn, tournant à toute vitesse et habilement prolongé jusqu'à Brogan,  le but du break.

Un break mental en fait, plus que mathématique, car l'écart n'excède jamais trois points, réduit plusieurs fois à deux et finalement à un point sur cet étonnant dernier free de Cillian O'Connor, certes à 20 mètres des buts et devant une foret de bleus, mais dont beaucoup n'ont pas compris pourquoi il ne l'avait pas pas tenté droit dans la cage plutôt qu'en assurant le point.
Le temps-entre autre- aura encore manqué à Mayo, comme en 1996 après cette finale à rejouer perdue contre Meath.

Jonny Cooper s'en va consoler Rob Hennelly, le valeureux gardien de Mayo, son ancien co-équipier du temps de l'université à DCU et avec lequel il remporta la Sigerson cup, Dublin tient la SAM, la deuxième en trois saisons, Mayo devra attendre, encore, et se consoler avec le titre remporté juste avant la finale des grands par les minors devant Tyrone, des promesses d'avenir encore, mais un présent lourd se confondant avec un passé qui ne passe décidément pas.

L'homme du match: Bernard Brogan

afficher 2 buts et 3 points sur sa fiche stat' est toujours plaisant pour un attaquant, mais lorsque cela arrive dans une finale de All-Ireland, le bonheur est plus intense encore, son premier but à la 15ème à laissé respirer son équipe et les fans, étouffés par un début de match difficile, le second s'est avéré décisif, répondant à l'égalisation d'Andy Moran et mettant les siens sur orbite.
On gagne rarement un All-Ireland sans un avant-centre d'envergure, et cela s'est encore confirmé hier, voilà ce qu'il aura manqué à Mayo, un Bernard Brogan.

La déception du match

Aidan O'Shea, auteur d'une saison exceptionnelle et en course avant le match pour le titre honorifique de meilleur joueur de l'année était attendu au tournant, peut être comme l'homme providentiel, trop surement.
Nul doute qu'un repositionnement en tant que full forward dans les 10-15 dernières minutes combiné a un Seamus O'Shea conservé sur le terrain, aurait peut être changé la donne, tant ses capacités dans les airs se seraient avérées précieuses, mais il fut loin de son rendement habituel, cantonné la plupart du temps à des taches défensives et parfaitement évité par les dégagements de Cluxton, il n'aura jamais pesé sur la rencontre, de quelque façon que ce soit.

Question de points de vue

 

Aucun des deux manager ne se satisfaisait de l'arbitrage hier après-midi, même si pour Gavin la pilule passera évidemment plus facilement.
Excédé par l'écart entre les fautes sifflés contre son équipe et celles pour, autant que par les accusations d'anti-jeu-notamment en fin de match-il n'a pas caché son étonnement, "12 frees? c'est au delà de mes capacités, je ne comprends pas, vraiment pas, c'est un des points de déception, non seulement nous avons joué contre Mayo et contre l'arbitre." il a souligné par ailleurs que ce type de traitement avait été récurent tout au long de la saison.

Horan lui non plus, n'a pas semblé comprendre la gestion du temps par McQuillan lors des dernières minutes, entrainant la prise de décision de O'Connor sur le fameux free de la dernière seconde, "Lorsque vous demandez à l'arbitre combien de temps il reste, et que vous lui demandez deux fois, et qu'il vous répète qu'il reste au moins 30 secondes après le point, c'est un peu décevant...est ce que je peux y changer une "putain" de chose? absolument rien"
Andy Moran, aussi remonté et aussi fataliste "On a cette occasion en fin de match, l'arbitre dit a Cillian qu'il reste 30 secondes derrière, et derrière il siffle sur le dégagement...ça fait un peu mal au c.. pour être honnête, mais, hey, ce sont des choses qui arrivent"

Interrogé sur la gestion de fin de match de Dublin, Keith Higgins se montrait philosophe et beau joueur, "Clairement, ils ont ralenti le jeu sur les dix dernières minutes, mais toutes le équipes auraient fait la même chose à un moment pareil pour tuer le match. Si le score avait été inversé, on aurait certainement agit de la même façon."

2013 GAA All Ireland Football Final - Dublin v Mayo - Résumé 1ère Mi-temps
2013 GAA All Ireland Football Final - Dublin v Mayo - Résumé 2ème Mi-temps







mardi 13 août 2013

Dublin-Kerry, opposition traditionnelle et(ou) rivalité en carton?

A moins de trois semaines de la seconde demi finale du All Ireland 2013, qui verra s'opposer deux comtés légendaires du foot gaélique, Dublin et Kerry, il est indispensable de revenir sur l'une des rivalités les plus marquées de l'histoire de ce jeu.
Marquée oui, mais selon beaucoup, en partie factice et largement romancée.

En effet, si ces comtés sont les deux plus titrés du pays (Kerry a ramené la Sam Maguire a 36 reprises dans le sud ouest, et Dublin l'a conservée 23 fois dans la capitale), les statistiques elles, parlent nettement en faveur des kerrymens,
en effet, avant la finale de 2011, qui avait vu les dubs remporter leur premier All Ireland depuis 1995 et leur première victoire sur Kerry en championship depuis la mythique demi-finale de 1977, les deux équipes s'étaient affrontées onze fois en finale du championnat pour huit victoire du kingdom contre trois pour Dublin.

Kevin Heffernan, général en chef de la heffo's army

Kerry a pris part à 56 finales au total, la première en 1892 face à...Dublin, pour une défaite (0-03/1-04), la dernière contre...Dublin pour une autre défaite (1-11/1-12), si vous avez suivi et pris le temps de compter, entre ces deux dates, une seule finale dans l'escarcelle dublinoise face à Kerry (celle de la heffo's army en 1976).
Les seventies furent la période de leur plus forte opposition, les deux comtés s'affrontant à six reprises en finale entre 1975 et 1985.

Pat Spillane, légende du Kerry des grandes années,
 aujourd'hui consultant tv pour RTE


Le sentiment de supériorité très fort chez les kerrymen provient essentiellement de cette période de domination systématique entre 1977 et cette victoire des dubs dans ce qui reste pour beaucoup comme le plus grand match de l'histoire du foot gaélique et la victoire de 2011 sur un coup de pied de son gardien Stephen Cluxton dans les ultimes secondes, ce sont 34 année de revers à répétition pour les joueurs de la capitale, assommants comme lors de la finale de 1978 qui voyait Kerry s'imposer par l'un des écarts les plus large pour une finale (5-11/0-09 soit +17pts), ou encore du quart de finale de 2009 remporté par le kingdom sur le même différentiel (+17).

La balance penche globalement très largement en faveur du vert et or du Kerry, avec 15 victoires contre 6 à Dublin et 2 nuls, sans compter que deux de ces six succès acquis par les dubs le furent avant 1910, c'est à dire en un temps ou les comtés n'étaient représentés que par des clubs et non par une sélection générale de tous les joueurs du comtés.
Cork, Galway et surtout Down ont tous ont meilleur bilan face à Kerry que Dublin, ces derniers s'imposant lors des quatre matchs les opposant au comté le plus titré du pays (lors des finales de 1960 et 68, et des deux demis de 1961 et 91).

Malgré tout, un Kerry-Dublin à Croke Park n'est jamais un match comme un autre, la légende dublinoise Kevin Heffernan (coach mythique des années 70-80) avouait lui même que remporter un All Ireland contre Kerry équivalait a en gagner deux, et la victoire des dubs en 2011 semble avoir ouvert une nouvelle ère dans l'histoire de la rivalité entre les deux clans, car si Kerry peut toujours s'appuyer sur un noyau dur ultra expérimenté et sur le meilleur joueur de la décénnie, le grand Colm "gooch" Cooper, Dublin bénéficie d'une génération dorée, lancée par Pat Gilroy et relayée par son successeur Jim Gavin, et dont le style de jeu ultra offensif est salué par un large éventail d'observateurs.

La bataille de l'intox a débuté dés le lendemain des quarts de finale, disputés le premier weekend d'aout.
Le manager du kingdom avouait craindre un raz de marée bleu le 1er septembre si ses joueurs ne montraient pas de meilleurs dispositions que face à Cavan en quart.
Côté Dublin, Jim Gavin fait son maximum pour éviter un excès de confiance entretenu par les commentaires élogieux des médias et de beaucoup de coachs et de joueurs.

Bernard Brogan "fils"

Enfin, il est un joueur pour qui ce match représentera toujours plus qu'aucun autre, l'attaquant et buteur dubliner, Bernard Brogan, dont l'homonyme de père fut l'auteur du but de la victoire légendaire de 1977,  dont la mère est originaire du Kerry et qui a passé une large partie de ses jeunes années dans ce comté.