All-Ireland 2018

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jeudi 6 juin 2019

Rennes au centre de la grand-messe du football gaélique breton !

En préambule, je tiens à remercier Antoine Audoire, auteur de cet article qui sent le terrain et le boulot minutieux. Je le remercie pour avoir répondu à l'appel lancé ici même voilà un peu moins d'un an, souhaitant vivement que cet article soit le premier d'une longue série en collaboration avec The Gaelic FC.

Les bonnes volontés, d'où qu'elles viennent, sont et seront toujours les bienvenues!



Retour sur la coupe de Bretagne nouvelle formule qui s’est disputée à Nantes le 25 mai dernier. Rennes a raflé la coupe et le Challenge. Récit d’une journée brillante pour le foot breton à l’orée des Championnats de France et d’une nouvelle ère du foot français avec dans les cartons, un projet de « Division Elite ».



Un beau temps, des terrains nickels, le kop nantais est en forme, les bénévoles sont au rendez-vous, Matthieu Rivoallan, dernier rempart et président de Nantes Don Bosco ne pouvait pas rêver mieux en ce 25 mai. Le foot gaélique breton s’est réuni pour une grand-messe ponctuée de danse irlandaise sur les airs d’un pipe band. « Liffré avait relancé l’idée d’un tournoi, rappelle Maël Duigou, président de la ligue bretonne. L’idée de renouer avec les tournois qui rythmaient il y a quelques années le championnat de Bretagne masculin étaient dans les têtes. Ces tournois avaient leurs charmes notamment au printemps quand les jours sont plus longs et plus beaux. Pouvoir faire jouer des clubs qui n'ont plus l’occasion de jouer les uns contre les autres, favoriser les rencontres entre les clubs avec notamment une soirée de fin de tournoi ravi tout le monde ». Autant d’arguments en faveur d’une vieille formule remise au goût du jour et qui séduit une majorité de pratiquants. Une formule qui colle aussi de près avec le menu des Championnats de France. L’occasion pour des prétendants aux différents titres nationaux de se mettre en jambe avant le 8 juin. Mais Maël Duigou souligne des points à améliorer comme « l'articulation des joueurs entre les équipes A et B d'un même club. En fin de saison, il peut y avoir quelques blessures et certains clubs nous ont fait part de la difficulté d'avoir deux équipes complètes sur les deux dates qui composent la nouvelle formule de la Coupe de Bretagne. Tout cela sera rediscuté le 29 juin lors de l'AG de la Ligue bretonne à Monterfil pendant les fêtes Gallaises où il y aura dans l'après-midi un tournoi de FG ouvert à tou.te.s. »
En effet, si la coupe s’est déroulée sans accroc, le Challenge n’a pas accueilli un plateau complet et toutes les équipes ont dû faire appel à des joueurs d’autres clubs pour compléter leurs effectifs. A ce petit jeu, Brest, renforcé par Saint Brieuc, s’est hissé en finale en grand favori mais a été défait par une équipe réserve rennaise gonflée à l’additif liffréen.



Liffré diminué mais au rendez-vous

Coup d'envoi de Liffré-Vannes 


Dans la Coupe, le tournoi principal, 6 équipes se sont donné rendez-vous à Nantes. Logique respectée avec les cinq équipes de D1 (Rennes, Liffré, Nantes, Vannes et Guérande) plus le champion de D2 Kerné (Quimper). Un beau panier de crabes mais deux poules différentes : une première homogène (Liffré, Nantes et Vannes) et une seconde plus hétérogène (Rennes, Guérande et Kerné). Dans la première poule, l’implacable Liffré dispose de Vannes (8-4) et de Nantes (13-4) malgré un effectif restreint (pas de remplaçant) et l’absence des titulaires habituels en attaque dont Antoine Botrel (MVP des finales de D1 France 2018).

Le premier ticket pour les demies composté, les abeilles locales doivent déjouer les coups de bec des toucans vannetais pour conserver leurs chances de s’imposer à domicile.
Nantes butine le volatile et se hisse en demie (9-3). C’est une déception pour Antoine Durrmann, d’habitude joueur, mais qui blessé, coache Vannes ce 25 mai : « On est tombé sur de bonnes équipes mais on est déçu de notre prestation car on n’est pas à notre niveau habituel. Sur les deux matchs de poule, ça ne s’est pas joué sur des faits de jeu. On était en dessous du niveau qu’on aimerait avoir et qu’on pense avoir de temps de temps ». Les Toucans se rattraperont le 8 juin lors des Championnats de France que le club organise : « Pour nous c’est assez spécial, et on se fixe un gros objectif. Ça fait plusieurs années qu’on termine quatrième équipe bretonne donc potentiellement on doit être la première équipe bretonne de D2 France. Il faut qu’on aille chercher le titre de D2 ». 


                    


La surprise Kerné


Dans l’autre poule, Rennes bat Kerné (17-4) et Guérande (11-1) non sans avoir éprouvé quelques difficultés. Et pour la deuxième place, Guérande défie Kerné. Le dernier de D1 contre le premier de D2. Deux parcours opposés. Aucune victoire guérandaise en D1 et aucune défaite quimperoise en D2. Le match est serré : Kerné marque un but mais Guérande revient et dépasse son adversaire pour mener 10-6 à la pause. Kerné créé finalement la surprise en l’emportant d’un petit point (11-10). Un sacré coup de bambou sur la tête des Culs Salés de Rodrigue Pellé : « Peut-être qu’on s’est trop donné contre Rennes car on l’a payé contre Kerné. On n’a pas mis assez d’intensité, on n’a pas été capable de prendre plus d’avance. Bravo à Kerné, dommage Guérande ».
Anus horribilis pour Guérande mais tout n’est pas à jeter pour Rodrigue Pellé : « La saison de D1 reste positive. On a énormément progressé, et appris à conserver la balle, à se projeter plus rapidement, à jouer plus vite. On a tout perdu mais on a vraiment progressé donc ce n’était pas une erreur de monter mais ça reste compliqué de subir défaite sur défaite pour certains joueurs ».
Gwenrann espère prendre du plaisir le 8 juin en D2. Côté finistérien, cette qualification en demi n’est pas une surprise : « C’était l’objectif, assure l’entraîneur-joueur Sylvain Roinard. On bat Guérande d’un point avec un gros caractère car on était mené au score. On a à peu près le même niveau que Guérande, c’est pour ça que c’était serré. On n’a pas lâché et sur la fin on a fait la différence. On est peut-être plus en réussite qu’eux, mais on n’avait envie de gagner ».
 Si en demie, Kerné s’incline contre Liffré, les béliers n’ont pas démérité contre les sangliers en marquant notamment un but. « Contre Liffré, on a bien résisté, bien défendu et on perd avec peu de points donc satisfait du niveau de jeu, d’autant plus que l’équipe était diminuée ». Les bigoudens ont la dalle et ont pour objectif d’aller en D1 en septembre prochain (un barrage devrait se jouer entre Guérande et Kerné) « pour progresser, intensifier les entrainements, être plus compétitifs. On a envie de se tester, c’est un beau challenge. On veut jouer Vannes, Nantes, Rennes et Liffré pour les gêner au maximum ». Avant cela, Sylvain Roinard et ses joueurs viseront les demis de D2 lors des championnats de France le 8 juin à Vannes : « sur deux fois quinze, on peut accrocher tout le monde ».
L’autre demi voyait Nantes défier Rennes. Ces deux équipes ne se quittent plus. Courant mai, elles se sont rencontrées deux fois : en championnat de Bretagne et en tour préliminaire de Coupe. Deux victoires rennaises mais la dernière tirée par les cheveux. Les abeilles et les oies se retrouveront en poule de D1 France. Nantes accroche Rennes en première période mais lâche physiquement en seconde et la Coupe de Bretagne nouvelle formule offre un classique en finale : Liffré – Rennes.

Finale très serrée entre des Rennais caractérisés par leur gnaque et des Liffréens diminués physiquement mais appliqués comme à leur habitude.
Liffré mène rapidement 2-0 grâce à un jeu au pied précis et une attaque rapide. Les sangliers touchent même la barre transversale. Rennes égalise et prend un léger avantage d’un point. En seconde période, les Gouez prennent jusque à trois points d’avance (7-4), mais trop d’indiscipline et de pertes de balles permettent à Liffré de recoller à un point. Antoine Duros prend un dernier free à 30 mètres légèrement à gauche des poteaux. S’il marque, il égalise et offre une prolongation au public nantais, mais il manque le cadre de peu. Rennes exulte et s’offre un doublé historique coupe-championnat.
Rennes, capitale du football gaélique breton avec deux trophées glanés à Nantes et une faim grandissante à l’approche des France. Liffré aura également son mot à dire si les hommes d’Olivier Kowarski se déplacent au complet à Vannes.


















Dans le match pour la troisième place, Nantes bat Kerné. Les Nantais iront à Vannes avec des ambitions : « On veut faire mieux que l’année passée, lance Mathieu Rivoallan. Au minimum la quatrième place et pourquoi pas la troisième ! »



Les "abeilles" célèbrent la 3ème place avec leur kop



Vers une nouvelle compétition ?

  
Les meilleurs clubs bretons veulent forcément briller aux France, surtout sur leurs terres. D'autant que le championnat régional devient de plus en plus compétitif.
Ce qui donne des idées à la Ligue bretonne et à la Fédération : un super championnat qui serait appelé « Division Elite » est en projet. Il regrouperait les meilleures équipes de l’Hexagone. On peut penser aux six équipes qui se disputeront le titre de D1 cette année : Bordeaux, Paris, Clermont, Rennes, Liffré et Nantes. Les clubs bretons en ont discuté le 25 mai à Nantes, mais ce sera surtout le 9 juin, lors de l’AG de la Fédé qu’on en apprendra plus.
Julie Coquelle CCO masculin à la Ligue bretonne pré-organise ce projet dont elle présente les objectifs : « Il s’agit d’améliorer le niveau général du foot français, de pousser les équipes à hausser leur niveau pour aller défier plus souvent les clubs du Benelux et pourquoi pas défier dans le futur des clubs anglais et irlandais pour montrer qu’en France, on sait jouer et que le sport se développe ». Concrètement, et même s’il s’agit encore d’un projet, cette « Division Elite » s’organiserait autour de « 4 à 6 équipes sur trois dates réparties sur l'ensemble de l'année, de Septembre à Juin » précise Maël Duigou. Certains joueurs bretons craignent que le championnat local perde en compétitivité si les trois meilleures équipes se concentrent sur la Division Elite, mais le président de la Ligue se veut rassurant : « Les intérêts du championnat de Bretagne masculin sont bien sûr pris en compte. Malheureusement en Bretagne, nous allons perdre un club l'année prochaine (ndlr : Plédran) et cela implique un petit remaniement de notre formule actuelle. Nous ferons donc cela avec l'idée d’intégrer au maximum, et le nouveau championnat Elite, et les attentes des différents clubs de la Ligue ».

 Pour le moment, le football gaélique breton se concentre sur le 8 juin et Vannes avec des Championnats de France inédits : « On a reçu beaucoup d’aide de la mairie, se réjouit l'ex liffféen Antoine Durrmann. Le stade qui accueille la compétition se situe en plein centre-ville, et la soirée se déroulera au même endroit. On aura donc un championnat de France un peu différent car on ne sera pas relégué dans une annexe. Ce sera bien de montrer un championnat de France d’un sport qui se respecte ! »





mercredi 5 juin 2019

Championnat fédéral masculin 2019, la rétro-stat



À trois jours du dénouement de la saison 2019, retour en chiffres..et en mots sur cette édition de championnat fédéral qui a vu Bordeaux inscrire pour la première fois son nom au palmarès, détronant le double tenant du titre parisien.





Intouchables en 2017 et plus encore en 2018, les Parisiens ont mordu la poussière à deux reprises  face à Bordeaux (à Angers en février et lors du dernier majeur à Clermont le mois dernier) et n'ont privé les girondins du grand chelem qu'au prix d'une finale de folie remportée en prolongation...à Bordeaux en avril. Pour réaliser le "3 in a row", Paris n'aura pas droit à l'erreur mais l'expérience de la gagne dans les rendez vous majeurs est un atout indéniable dans leur manche.


Les bordelais champion 2019 (source: Bordeaux Gaelic Football facebook)


Coup double et coup de maître pour des bordelais qui s'adjugent leur premier titre de champion de fédéral en plus de remporter leur premier tournoi majeur. Le club au "scap" se rendra à Vannes en candidat crédible à un premier titre national ce samedi.
Après des finales 2018 au goût amer, le burdigaela a réussi un quasi sans fautes durant ces quatre tournois fédéraux (18 victoires, un nul et une défaite, certes concédée à domicile face à Paris).

Après avoir laissé échapper de peu et lors de l'ultime majeur, une place en finales de D1 l'an dernier, les clermontois n'ont cette fois pas flanché en arrachant à Toulouse le 3ème billet fédéral pour l'élite. Clermont qui revient de loin, après une défaite en finale sur la côte d'Azur et un deuxième mineur à Paris marqué par la terrible blessure de Mickaël Bonnet.
Après s'être consolé avec un titre de champion de D2 en 2018, les bougnats se voient bien en troubles fête cette saison.

Pari manqué pour Toulouse qui sera resté dans le coup pour le 3ème accessit jusqu'au bout et qui manque ses retrouvailles avec une D1 qui le fuit depuis 2016, année de son dernier titre national. Mais les haut garonais comptent bien se consoler avec un titre de champion de D2 qui leur avaient échappé en lors des finales lyonnaises en 2018 (battus par Clermont en finale).

Partis en boulet de canon avec une première victoire historique en tournoi obtenue sur leurs terres en février, les azuréens ont ensuite marqué le pas.
Mais leur belle régularité leur permettra de se mêler à la lutte pour le titre dans la division intermédiaire.
L'autre candidat fédéral au titre national dans cette D2 sera le Paris Blues. Sacré à la surprise général en 2016, la seconde équipe de la capitale peut encore étonner. Très beaux troisième lors du majeur bordelais, le bilan 2018 des blues est plus qu'honorable.

En D3, on retrouvera notamment les niortais, étonnants finalistes à Paris et auxquels l'air breton semble réussir puisque c'est à Rennes en 2017 que les dragons avaient décroché leur premier titre de champion de France de D2.
Lyon, sacré l'an passé à ce niveau voudra évidemment conserver le trophée entre Saône et Rhône.
Enfin, Angers qui ne sera pas si loin de ses bases cherchera lui à emmagasiner une expérience qui s'avérera précieuse dans l'avenir.

Le grand absent de ces finales sera bien évidemment Provence.
2019 est une année de transition pour des "bulls" qui avaient obtenu en 2018 le plus beau classement de leur histoire avec une troisième place en D1. Eux qui avaient participé à toutes les éditions depuis 2015, n'aligneront pas d'équipe à Vannes.


Le classement général de fédéral 2019:

1. Bordeaux "A"
2. Paris "White"
3. Clermont
-----------------------------
4. Toulouse
5.Azur
6. Paris "B"
-----------------------------
7. Niort
8. Lyon
9. Angers
10. Bordeaux "B"
11. Provence
12. Lille

* Meilleure attaque: Paris White=322pts (dont 63 buts)

* Meilleure défense: Paris White= 78pts encaissés (dont 10 buts)


Le palmarès 2019, tournoi par tournoi:



Tournoi d'Angers                       Tournoi de Azur
1er: Bordeaux A                        1er: Azur
2ème: Paris White                    2ème: Clermont
3ème: Paris Blue                      3ème: Toulouse

Tournoi de Provence                  Tournoi de Paris  
1er: Bordeaux A                          1er: Paris White
2ème: Toulouse                          2ème: Niort
3ème: Azur                                  3ème: Clermont

Tournoi de Bordeaux                     Tournoi de Clermont 
1er: Paris White                              1er: Bordeaux A
2ème: Bordeaux A                          2ème: Clermont
3ème: Paris Blue                             3ème: Paris White

Palmarès général du championnat fédéral masculin:


  • 2011 : Toulouse Gaels
  • 2012 : Lyon CLG
  • 2013 : Paris Gaels 
  • 2014 : Paris Gaels 
  • 2015 : Paris Gaels 
  • 2016 : Toulouse Gaels
  • 2017 : Paris Gaels 
  • 2018 : Paris Gaels 
  • 2019 : Bordeaux Gaelic Football A

mardi 19 juin 2018

Finales 2018, Paris en patron.

Le groupe de Paris Gaels célèbre le 7ème titre de champion de France de l'histoire du club.


Et de sept! Grand favori de finales lyonnaises qu'il abordait avec un bilan de 18 victoires pour 0 défaite, le Paris Gaels a magnifiquement validé sa saison de fédérale par un septième titre de champion de France. Dans une division 1 sans pitié, avec deux groupes de trois équipes et des matchs de 2×10 minutes, le droit à l'erreur n'est pas autorisé, et l'effort doit être absolu, de l'engagement initial au coup de sifflet final. À ce petit jeu, certains laissent nécessairement des plumes, et ce fut le cas de malheureux Rennais et Bordelais ce samedi, deux éliminés au premier tour dont le destin s'est joué à peu de choses. 

 À contrario,  nantais et provençaux ont tiré le meilleur de leurs groupes pour écrire l'histoire de leurs clubs et se hisser dans le dernier carré, sans empêcher pour autant les favoris parisiens et liffréens de se disputer le trophée majeur du football gaélique français. 






Groupe A, Rennes victime de la furia provençale


Finaliste en 2017 et récent vainqueur de la coupe de Bretagne, Rennes ambitionnait légitimement un bis repetita en 2018.
Le premier match de poule face à Provence revêtait donc une importance toute particulière, sachant que Paris était l'autre adversaire du groupe.
Et les oies sauvages réussissaient un démarrage idéal avec un premier but rapide inscrit par Erwan Le Calvez qui passait en force dans la défense adverse. Les provençaux comme anesthésiés, ne parvenaient pas à mettre en place leur jeu, et deux points supplémentaires inscrits par Niall Murphy et Mamadou Ba offraient quatre points d'avance aux Rennais à la mi-temps.
Un repositionnement tactique opéré par Rémi Bremand et l'entrée décisive de Louis Sexton dans la ligne arrière provençale allaient s'avérer décisifs en seconde période.
Les sudistes trouvaient enfin la cible à 1pt et perdaient moins de ballons. Mais Leost et Audoire enfonçaient encore le clou pour donner le plus gros écart de la partie en faveur des rouges et noirs (+5).
La tornade provençale allait tout emporter en quelques minutes, avec deux buts et deux points, des bulls déchaînés coiffaient Rennes de 2 points pour s'offrir une victoire primordiale dans la course à la qualif.
Sur l'élan de ce premier succès presque inespéré, les hommes de coach Bremand ne lachaient rien face à leur bête noir parisienne, et un but de la perle Lorcan Breen mettait d'entrée la pression sur le champion sortant.
Paris ne tardait pas à répondre et la machine se mettait tranquillement en route. Une domination se traduisant notamment par une frappe audacieuse lobant le gardien des bulls.
Breen limitait les dégâts pour le GF Provence qui atteignait la pause avec un point de retard.
Les coéquipiers de Leo Blanchamp entamaient la deuxième période pied au plancher et portaient l'avantage à +3, mais Lorcan Breen véritable homme du match relançait encore une fois le match en égalisant puis en donnant même un point d'avance aux siens, avant que Paris n'égalise. Le GF Provence crut l'espace d'un instant tenir son exploit grâce à un ballon volleyé au dessus de la barre par Octave Monzies à la dernière seconde, mais le "square ball" sifflé contre lui en décidait autrement. Les deux équipes ne se départageaient pas (2-2/1-05), et Provence assurait sa qualification pour les demis sans même attendre le résultat du dernier match.
Une dernière rencontre en forme de retrouvailles entre les deux finalistes du championnat 2017, et qui ne laissait pas d'autre option que la victoire aux Rennais dans l'optique de la qualification pour le dernier carré.
Rennes prenait le match par le bon bout et semblait en mesure de créer l'exploit. Les défenses dictant le tempo d'une partie tendue et indécise.
Le transfuge clermontois Leo Blanchamp, qui ne laisse que peu de déchet en route, s'offrait trois points à la suite et Paris menait de deux points à la pause.
La deuxième mi-temps était du même acabit, et Micheal Joyce, ramenait même des Rennais refusant d'abdiquer, à une encablure des parisiens, tout était encore possible.
Le tournant intervenait sur un penalty sifflé en faveur des gaels et superbement transformé par le gardien de but Jean Tisserand.
Rennes ne s'en relèverait pas et Paris assurait du même coup sa place en demis, avec en prime la très précieuse première place du groupe.


Groupe B, la sensation nantaise


Les nantais ont sans conteste réalisé la grande sensation de ces finales de D1, eux qui étaient abonnés à la 6ème place ont déjoué les pronostics pour aller chercher une très méritante et inédite 4ème place nationale.
Un exploit forgé par une victoire initiale sur Bordeaux dans un match se jouant aux points et dans lequel Brian O'Riordan donnait toute sa mesure en alignant trois points décisifs en seconde période.
Le coup était rude pour des bordelais, seconds du championnat fédéral et qui espéraient comme l'an passé monter sur le podium national.
Le deuxième match voyait l'entrée en lice de Liffré, favori de cette poule et qui allait régler l'affaire en première mi-temps face à Nantes.
Le point nantais inscrit d'entrée serait le seul de la partie pour des abeilles étouffées par la déferlante liffréenne. Kersuzan y allait de son but, puis Brument et Botrel (2 points) en rajoutaient encore une couche pour offrir un matelas de 5 points aux sangliers à la pause.
Suffisant pour permettre à Liffré de gérer à sa main une seconde période durant laquelle un seul point sera inscrit par l'inévitable Botrel, futur MVP de ces finales.
Nantes devait donc attendre le résultat du dernier match du groupe et espérer que Bordeaux, dos au mur, ne réussisse pas l'exploit face à Liffré.
Un exploit auquel les bordelais ont longtemps cru, plus encore après le but inscrit par Loic Calvet juste avant la pause et qui leur donnaient un point d'avance.
Mais Liffré est une mécanique trop bien rodée, et comme ce sera à nouveau le cas en demi, va construire sa victoire sur des remontées de balle d'une propreté absolue, et surtout sur son efficacité et sa précision de loin. Bordeaux ne marquera plus rien dans les dix dernières minutes, les joueurs de coach Kowar verrouillent et plantent deux banderilles assassines pour s'offrir une deuxième victoire et la première place du groupe A.

Demi-finales, les efforts du 1er tour se payent cash.


Un dernier carré 2018 inédit va voir les deux favoris (Paris et Liffré) prendre respectivement le meilleur sur des provençaux et des nantais présents pour la première fois à ce niveau de la compétition.

Liffré-Provence

L'expérience et la force d'un collectif parfaitement huilé. Un jeu basé sur une circulation fluide et une défense d'une solidité impressionnante, voilà la force de cette formation liffréenne.
Bruno Durocher (Liffré) à la relance 
Le GF Provence, se basant sur un onze de grande qualité et sur une grosse force de pénétration, mais avec un banc un peu court ne permettant pas une rotation importante, a payé au prix fort les efforts et l'influe laissés dans deux matchs de poule éprouvants, et il s'en fallut d'une improbable parade de leur gardien devant Botrel avant la pause pour que l'affaire ne soit définitivement réglée à l'issue des quinze premières minutes.
Les taureaux ne se rendraient toutefois pas sans combattre, et le but inscrit rapidement après la reprise ravivait l'espoir dans les rangs du club provençal.
Mais le physique ne suivait plus et comme face à Bordeaux le matin, Liffré par l'intermédiaire de son artilleur en chef, Antoine Botrel, passait trois fois "entre les perches" pour aller chercher sa première finale nationale depuis 2015.
La déception était grande pour une équipe de Provence qui avait longtemps cru en sa bonne étoile sur ce tournoi final.
Mais les stats sont cruelles, et ne pouvaient laisser de place au doute quand à la logique du résultat.



Paris-Nantes

Mark Brannigan (Paris) photo: Philippe François 

À l'instar de Provence, Nantes avait grillé une grande part de ses cartouches sur la phase de groupe et ne fut jamais en mesure d'inquiéter sérieusement l'ogre parisien dans un match sans buts.
Paris trop précis et trop efficace (10pts sur 13 tentatives au dessus de la barre), bénéficiant d'une richesse sans égale en terme d'effectif ainsi que d'une quantité de talents inouïe.
Mais les nantais avaient déjà gagné leurs finales avant même cette demi, égalant un classement (4ème) qu'ils n'avaient connu qu'une fois dans leur histoire (en 2011), une belle façon de célébrer la dernière de leur héro Brian O'Riordan encore auteur de deux points face à Paris.



FINALE


Paris-Liffré

Le Liffréen Antoine Botrel (à droite), MVP des finales 2018. Photo: Philippe François 


Il est assez surprenant de noter que ces deux monstres, dominateurs dans leurs ligues respectives depuis des années, n'avaient jamais eu auparavant l'occasion de croiser le fer à ce niveau de compétition.
Champions pour la première fois de leur histoire en 2013 à Ploufragan, les sangliers n'avaient plus humé le parfum d'une finale nationale depuis 2015 et une défaite contre Toulouse à Guerande.
Après une décevante quatrième place en 2017, la soif de revanche était immense et après un tournoi maîtrisé jusqu'ici de main de maître, les liffréens faisaient face à l'obstacle ultime.

La première mi-temps s'engageait comme le combat de boxe attendu, les deux formations se rendant coup pour coup. Les deux tireurs d'élite Botrel et Blanchamp se répondait et ce sont les parisiens qui passaient devant à la pause (3-1). Liffré pouvait déjà regretter les deux tirs "au large" de Charlier et Kersuzan, mais Botrel encore lui, ramenait les siens dans la course et Liffré revenait à deux reprises à une longueur.
La coup de grâce viendra d'un but parisien tout en puissance venant achever les derniers espoirs des jaunes et noirs.

Les parisiens pouvaient exulter, le titre restera (au moins) douze mois supplémentaires dans la capitale.

Le club doyen du football gaélique français aura donc réussi une saison parfaite, conservant son titre fédéral grâce à un grand chelem en tournois mineurs et majeurs, et remportant 21 matchs sur 22, ne laissant en route qu'un match nul à l'équipe de Provence.
Le prochain objectif est désormais le reconquête de l'euroligue à Maastricht en octobre prochain, une autre paire de manches...

Féminines, Rennes confirme

Les Rennaises déjà assurées d'un cinquième titre consécutif, n'ont rien abandonné à leurs rivales et remportent cette quatrième manche du championnat de France en battant les parisiennes en finale.
Des gouez qui se mesureront le 24 juin prochain à l'équipe de Wicklow dans ce qui constituera une grande première, puisque pour la toute première fois, une équipe inter-comté irlandaise jouera dans notre pays.


D2, D3: Clermont et Lyon à la fête

En Division 2, les deux grands favoris Clermont et Toulouse ont tenus leur rang.
Victorieux en poule après un retour de l'enfer (-9 à la pause) les Clermontois ont confirmé en finale et se console de la non participation aux finales de D1 par un deuxième titre à l'échelon inférieur après celui de 2015.

En D3 enfin, les locaux du Lugdunum CLG n'ont pas laissé passer l'occasion de décrocher le titre sur leurs terres face à l'équipe B de Rennes.


                        Rappel des résultats des finales Division 1


Groupe A

Nantes - Bordeaux 0-04/0-02 (4-2)
Liffré - Nantes 1-4/0-01 (7-2)
Liffré - Bordeaux 0-05/1-01 (5-4)


J V N D PtsPour PtsContre Diff Pts
Liffré 2 2 0 0 1-9 (12) 1-2 (5) +7 4
Nantes 2 1 0 1 0-5 (5) 1-6 (9) -4 2
Bordeaux 2 0 0 2 1-3 (6) 0-9 (9) -3 0

* Les lignes des points pour/contre recensent les buts et les points 1-09  = 1 but et 9 pts (12pts)


Groupe B

Provence - Rennes 2-04/1-04 (10-7)
Provence - Paris 2-02 / 1-05 (8-8)
Paris - Rennes 1-05/ 0-03 (8-3)


J V N D PtsPour   PtsContre Diff Pts
Paris 2 1 1 0 2-10 (16) 2-05 (11) +5 3
Provence 2 1 1 0 4-06 (18) 2-09 (15) +3 3
Rennes 2 0 0 2 1-07 (10) 3-09 (18) -8 0


Demi-finales

Liffré - Provence 0-08/1-02 (8-5)
Paris - Nantes 0-10/0-04 (10-4)

3e/4e place

Provence - Nantes 2-04/0-04 (10-4)

Finale

Paris - Liffré 1-07/0-05 (10-5)


Les cinq derniers podiums du championnats de France

Année Premier Deuxième Troisième
2018 (à Lyon) Paris Gaels Liffré Provence
2017 (à Rennes) Paris Gaels Rennes Bordeaux
2016 (à Clermont) Toulouse  Paris Gaels Liffré
2015 (à Guérande) Toulouse Liffré Bordeaux
2014 (à Clermont) Paris Gaels  Bordeaux Liffré